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COMMUNIQUÉ DE PRESSE Budget fédéral - Les recteurs francophones s’interrogent : « Coopération universitaire : quel est l’enjeu de l’ajustement budgétaire ? »
L’ajustement budgétaire pourrait signifier la suppression par le gouvernement fédéral des moyens accordés aux activités de coopération universitaire au développement. Au-delà des discours sur les compétences, les recteurs francophones s’interrogent sur le véritable enjeu des décisions prises par le gouvernement fédéral en matière de coopération universitaire.
Dans le cadre de l’ajustement budgétaire bouclé en fin de semaine dernière, la question des 250 millions d’euros d’économies à réaliser sous couvert de « compétences usurpées » fait débat et fera quoi qu’il en soit l’objet d’une concertation entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées dès ce vendredi. Parmi les compétences en cause figure la coopération universitaire au développement, à laquelle le fédéral consacre annuellement un budget de l’ordre de 65 millions d’euros. La tentation est grande pour le fédéral, en chasse de quelques milliards, de renvoyer aux Communautés le dossier de leur coopération avec les pays en développement au prétexte que qui parle d’enseignement supérieur parle de Communauté, en l’occurrence de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Cette mesure de suppression des crédits accordés à la coopération universitaire et le transfert de charge vers les Communautés devrait aboutir à court ou à moyen terme. Les recteurs des universités francophones tiennent à y opposer les arguments suivants.
Le transfert est fondé sur une interprétation tout à fait contestable du caractère « usurpé » de la compétence en question. Nul ne conteste que la coopération au développement reste une compétence du fédéral. Dès lors, comment ne pas voir dans la coopération universitaire au développement, instrument reconnu comme nécessaire et efficace, une compétence sinon fédérale, au moins partagée. On ajoute que le transfert précipité de cette compétence sans accorder les moyens nécessaires à sa survie heurte le principe de loyauté fédérale, les Communautés étant mises au pied du mur et priées de prendre la responsabilité politique d’un éventuel abandon de la coopération universitaire. Enfin, cette décision contredit les engagements internationaux de notre pays de mener une politique de coopération toujours plus cohérente dans l’articulation de ses différents volets – dont la coopération universitaire – et représente un risque accru de retarder encore l’atteinte des 0,7 % du PIB investis sous forme d’aide publique au développement.
Mais, dans ce dossier, le principe de la « rigueur douce » vanté et affirmé comme ligne de conduite par le gouvernement fédéral n’est pas vérifié, au vu des importantes conséquences potentielles en termes d’engagements et d’éthique publics. Ainsi, ce sont des dizaines de partenaires universitaires des pays en développement auxquels on cesserait d’apporter un soutien pourtant essentiel. Ce sont aussi près d’une centaine d’emplois directs et indirects menacés en Belgique et plusieurs centaines dans les pays partenaires.
Le renforcement des universités du Sud comme moteurs du développement, comme pépinières de femmes et d’hommes destinés à assumer un rôle actif dans la vie socio-économique de leur pays et comme principaux vecteurs de recherches approfondies et critiques, constitue un volet essentiel de toute politique d'aide au développement. L’impact de tels partenariats est capital et, à l’inverse, leur subite disparition constituerait un sinistre loin d’être négligeable pour notre pays et ses universités. La coopération universitaire représente en effet un large réseau d’anciens boursiers occupant aujourd’hui des postes clés à travers le monde. Elle permet aussi à nos universités d’accroître leur rayonnement international et d’augmenter la qualité et la pertinence de l’enseignement et de la recherche, enjeux stratégiques fondamentaux de notre monde globalisé.
Un transfert improvisé de la coopération universitaire serait irresponsable. Les Communautés, faute d’un transfert de compétence accompagné des montants correspondants, pourraient se déclarer dans l’impossibilité d'accroître leur budget pour assurer le financement fédéral supprimé. Bref, ce transfert sans moyens ou à moyens limités ferait passer à la caisse, en vue de l’ajustement budgétaire, non seulement les Communautés, mais aussi les universités du Sud et de nombreuses personnes engagées pour un développement durable et inclusif. En d’autres termes, sans décision de transférer aux Communautés les moyens nécessaires – quod non –, la Belgique renoncerait par là à accompagner une frange majeure et essentielle d’acteurs du développement et à appuyer l’enracinement international de ses institutions. CONTACTS PRESSE Pour plus d’information, n’hésitez pas à contacter :
Conseil interuniversitaire francophone Commission universitaire pour le Développement Prof. Bertrand LOSSON Université de Liège T : 04 366 40 90 @ :
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M. Hugues LEGROS Secrétaire général T: 02 289 65 62 @ :
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